Documenter l’antisémitisme pour mieux agir

Fédération Wallonie-Bruxelles

le 8 avril 2026

L’attentat du 9 mars dernier s’inscrit dans un contexte plus large de montée de l’antisémitisme dans notre pays. Ce n’est pas moi qui le dis, mais de nombreux observateurs. Les dernières statistiques publiées par Unia, le Centre interfédéral pour l’égalité des chances, corroborent ce constat. Par ailleurs, la plateforme www.antisemitisme.be démontre aussi que le nombre de signalements est en augmentation. Or, il est connu qu’il y a un sous-signalement de ces faits. Parmi les pistes à explorer au niveau de la FWB, il est essentiel de sensibiliser dès le plus jeune âge. A l’école et dans nos établissements d’enseignement supérieur.

Une étude récente menée à l’Université de Liège et commentée dans la presse m’a interpellée. L’article indique que cette étude met en évidence que 58 % des étudiants liégeois sondés présentent un antisémitisme qualifié de modéré, alors que 5 % présentent un antisémitisme élevé. Ce dernier serait fortement corrélé à une mentalité complotiste, à un vote pour des partis extrémistes, tant de droite que de gauche, et à un niveau d’activisme important.

Il est positif de voir le monde académique se saisir de la question et l’étudier avec rigueur et sérénité. Loin de moi l’idée de généraliser, mais force est de constater que les chiffres et de nombreux facteurs constituent aujourd’hui des signaux préoccupants. D’ailleurs, le débat vit dans d’autres établissements d’enseignement supérieur, comme l’Université libre de Bruxelles notamment.

Ne pas banaliser, agir
Pour moi, il est essentiel de ne pas banaliser ces signaux et de continuer à documenter le phénomène, afin de renforcer les outils de prévention, de repérage et de sanction des actes antisémites. L’antisémitisme ne touche pas seulement une communauté, il menace la démocratie dans son ensemble, en particulier dans des lieux clés de formation citoyenne que sont nos établissements d’enseignement supérieur.
Ce message résonnait d’autant plus fortement que le Parlement remettait, le même jour, le Prix Roger Dehaybe de la démocratie à Simon Gronowski, survivant de la Shoah, rappelant le devoir de mémoire et de vigilance qui nous incombe collectivement.

➡️ Retrouvez mon intervention ici : https://www.youtube.com/watch?v=FlvI0OU4N2s

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