La liberté de la presse a-t-elle été en danger ?

Fédération Wallonie-Bruxelles

le 8 avril 2026

Le mois de février a été marqué par la polémique visant les propos de la Ministre des Médias, Jacqueline Galant, concernant la RTBF. Certains, à gauche, l’accusent de vouloir limiter la liberté de la presse. 

Au nom du MR, avec ma casquette de cheffe de groupe, j’ai rappelé au Parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles deux évidences.
Première évidence : la liberté de la presse n’est pas négociable. Elle est garantie par la Constitution, nos décrets et le droit européen. Aucun membre d’aucun Gouvernement ne peut, ni ne veut, s’en affranchir.
Deuxième évidence : le Gouvernement agit dans le cadre du droit et sous le contrôle du Parlement. Ce sont les actes, les procédures et les garanties juridiques qui encadrent les nominations et protègent l’indépendance éditoriale qui comptent. Le décret RTBF, le contrat de gestion, le rôle du Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA) et du Conseil de déontologie journalistique (CDJ), complétés par le règlement européen sur la liberté des médias, encadrent strictement les procédures.

C’est un fait. Il n’y a eu aucune ingérence dans la liberté éditoriale de la RTBF ou dans la procédure de renouvellement des mandats de l’administrateur général et du directeur de l’information. Le CSA l’a d’ailleurs confirmé le 6 février : « aucun élément factuel ne vient démontrer que la RTBF aurait agi ou modifié sa politique éditoriale sous l’influence de la Ministre ».
➡️ Lire le communiqué ici : https://www.csa.be/183337/larcom-et-le-csa-signent-un-protocole-daccord-dans-le-cadre-du-decrochage-publicitaire-de-france-televisions/

Stop aux polémiques et au travail maintenant ! 

Comme cheffe de groupe au Parlement de la FWB, je regrette qu’on passe autant de temps à polémiquer plutôt qu’à travailler sur le fond alors que nous sommes à une période charnière de l’histoire des médias. Les modes de consommation de l’information évoluent rapidement avec le digital, les réseaux sociaux, etc. entraînant une mutation du paysage médiatique. Et le rôle du politique devrait être d’accompagner et d’encadrer cette transition plutôt que de se chamailler sur qui dit quoi…

Heureusement, le Parlement y travaille aussi ; grâce au soutien du MR, la Commission médias va entamer tout un travail sur les newsinfluenceurs. Ce ne sont pas des journalistes, ils n’ont pas de carte de presse, mais ils font plus que de la création de contenu. Il n’existe d’ailleurs pas de définition de ce qu’est un newsinfluenceur, c’est quelque chose de nouveau. Parmi les plus connus, on pense à HugoDécrypte qui s’est fait un nom en France mais d’autres émergent aussi en Belgique francophone. Il semble important aux députés de s’interroger sur leur place dans la production d’information.

Par ailleurs, à l’appel de la ministre des Médias (lire ici : https://galant.wallonie.be/home/communiques-de-presse/presses/informer-a-l-ere-du-numerique-les-dispositifs-de-soutien-a-la-presse-ecrite-sont-ils-toujours-adaptes-aux-modes-de-consommation-jacqueline-galant-propose-au-parlement-d-ouvrir-un-grand-debat.html), j’ai pris l’initiative au Parlement de lancer un vaste travail de réflexion sur l’avenir et le soutien à la presse écrite, secteur à la croisée des chemins, qui doit se réinventer face au digital et aux réseaux sociaux et à l’émergence de newinfluenceurs notamment. Bref le boulot ne manque pas. A suivre.

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